Tsawayak, Iris Ferreira

Publié le par Guenièvre

Je remercie de tout cœur Livraddict et les éditions Aelhonnia de m’avoir sélectionnée pour ce partenariat. Je suis ravie d’avoir pu découvrir grâce à eux ce très bon livre.

 


Tsawayak.jpgIl présente un monde, reconstruit sur les ruines de l’humanité après la Grande catastrophe, quatre mille ans auparavant. Cet univers est dominé par l’antagonisme de deux « races » d’hommes, différenciées par leur couleur de peau. Mais les parallèles avec notre monde ne s’arrêtent pas là. Les Vanar au teint sombre sont opprimés par les Belzak, ils ploient sous les impôts et sont réduits en esclavage lorsqu’ils ne peuvent plus les payer. Alors, ils sont envoyés dans des camps de travail forcé… rappelant désagréablement ceux des nazis, ou encore les goulags. S’ils se montrent résistants à la sous-alimentation, aux mauvais traitements et à l’épuisement, ils sont utilisés comme chair à canon, ou rat de laboratoire.

C’est dans ce monde violent que vit le jeune Erol Solavar. Lorsque les cultures de sa famille sont détruites, il se livre aux Belzak afin que sa mère ne soit pas réduite en esclavage. A quatorze ans, il perd ainsi sa liberté, son nom et, pense-t-il, toute chance d’avenir meilleur. Devenu le numéro 1053, il va pourtant découvrir que son walat, son destin, est bien plus complexe.

 

 

Cette trame me faisait craindre une intrigue prévisible de lutte contre un oppresseur maléfique. Mais j’ai été rapidement détrompée. Alors que dans la majorité des livres de fantasy, les batailles occuperaient le plus clair des pages, ce sont ici les réflexions sur la nature de l’homme, la liberté, et les manières d’atteindre la prospérité qui ont retenu mon attention.

Bien évidemment, on est aussi confronté aux inévitables conflits armés, mais il m’a semblé que ces descriptions n’étaient pas le point fort de l’auteur. Non, Iris Ferreira a un don pour nous présenter un monde à la fois exotique et semblable au nôtre sur de nombreux points. Et bien qu’à quelques reprises je lui aie trouvé un ton un peu sentencieux, les parallèles à peine voilés avec notre situation actuelle m’ont paru frappés au coin du bon sens, et j’ai beaucoup apprécié les discussions animées des personnages à ce sujet.

 

Ces personnages m’ont également énormément plu. On trouve des gens bons chez les Belzak comme chez les Vanar, ce qui bannit tout manichéisme. Comme j’aime beaucoup les personnages droits, aux convictions bien ancrées, et surtout d’un optimisme à toute épreuve, j’ai été servie. Erol, malgré toutes les difficultés, toutes les horreurs qu’il traverse, veut garder foi en l’Homme, et continue de lutter pour rendre son monde meilleur. En outre, les personnages secondaires se révèlent tout à fait à la hauteur de ce héros, et le livre est parsemé de personnalités admirables.

 

Le suspense est donc élevé ; on s’attache terriblement à chacun d’entre eux, on redoute leurs malheurs qui ne manquent jamais d’arriver. L’auteur n’est pas tendre avec eux ! Les pages de ce livre ont tourné toutes seules, le livre est habité par une histoire fascinante. Plus qu’une révolte, il nous montre la construction d’un peuple, d’un pays et de son économie, de ses institutions, et autres affaires d’Etat.

Ceci dénote la richesse de ce monde, matérialisée par les efforts de l’auteur pour créer des noms et expressions aux sonorités originales. J’avoue que cela m’a parfois embêtée, car j’avais tendance à mélanger les personnages, et chaque fois qu’on passait d’un point de vue à l’autre, il me fallait quelques minutes pour me souvenir de qui il s’agissait. En outre, les différentes cultures semblent toutes imprégnées de légendes et coutumes propres, mais à mon grand regret ce point reste peu développé.

 

L’écriture de l’auteur est fluide, très facile à lire. Les chapitres font s’alterner les points de vue des différents personnages, ce qui pour une fois ne m’a procuré aucune frustration (ce qui est d'ordinaire toujours le cas avec ce type de narration). Un point toutefois a compliqué ma lecture : les différentes expressions en langue ancienne restaient incompréhensibles. Il est laborieux sur une liseuse Kobo de revenir aux toutes premières pages pour chercher la signification de chacune, car elles émaillent le récit.

 

J’ai pressenti la fin une cinquantaine de pages à l’avance. Elle est pourtant restée terriblement poignante...

 

En bref : un bon livre que je recommande chaudement à ceux qui sont lassés des éternelles batailles entre le bien et le mal, et qui se réjouiraient d’une dimension un peu plus « philosophique »  (ou est-ce sociologique?), agrémentée de personnage attachants, et d’un monde riche. Pour ma part, je note le nom de l’auteur et de l’éditeur dans mes petits papiers afin de pouvoir les suivre !

Publié dans Fantastique

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Commenter cet article

bercelune 22/08/2014 09:30


Ton article donne envie de découvrir cette histoire! en tout cas, je vais retenir le titre et l'auteur =) 

Guenièvre 02/09/2014 17:41



Ah c'est tant mieux, j'en garde vraiment un très bon souvenir. J'espère qu'il te plaira! :)



Céline 02/03/2014 15:58


Ta chronique donne envie! Je découvre ton blog et vais y revenir!

Guenièvre 02/03/2014 16:06



Tant mieux! Et merci beaucoup, ça fait plaisir!



Aelhonnia 21/02/2014 14:01


Un grand merci à vous, tout le plaisir était pour nous. Heureux de voir que Tsawayak vous a plu. Nous sommes conscient du problème qu'engendre le lexique avec le reste du récit, les limites du
numérique... Des solutions sont actuellement étudiées pour faciliter la transition entre lexique/récit.


 


Bonne continuation!

Guenièvre 25/02/2014 19:33



C'est parfait alors, j'espère que vous trouverez!


Merci de votre passage, heureuse d'avoir pu vous fournir un avis positif!



cassie 20/02/2014 09:45


Il m'a l'air très intéressant ;)

Guenièvre 25/02/2014 19:32



Il l'est; ça change très agréablement de ce qu'on a l'habitude de lire! :)