Suréna

Publié le par Guenièvre

Surena-copie-1.png            Représentation théâtrale

Suréna de Pierre Corneille , mis en scène par Brigitte Jaques-Wajeman du 2 au 7 avril 2012 au théâtre de la ville (Abbesses à Paris).

 

             Synopsis: Suréna, général parthe, vient d’infliger une sévère défaite au roi Artabase d’Arménie, allié de l’armée romaine. Orode, roi des Parthes, décide alors de contracter une double alliance pour asseoir son pouvoir. D’un côté, il veut marier Suréna à sa propre fille Mandane – afin de neutraliser ce général dont la gloire et la loyauté lui font de l’ombre –, d’un autre, il veut unir son fils Pacorus à la fille de son ennemi arménien, la princesse Eurydice, afin de s’assurer de la pérennité de ses conquêtes. Mais Suréna et Eurydice sont tombés amoureux l’un de l’autre. Palmis, sœur de Suréna, aime pour sa part Pacorus qui la délaisse pour essayer de conquérir le cœur de sa promise… La pièce s’ouvre la veille de ce double mariage : tout se joue dans la ville de Séleucie, capitale de l’actuelle Irak.

 

             Mon avis: Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en me rendant au théâtre: j'avais même oublié le nom de l'auteur... Je pensais assister à une belle représentation, ni plus ni moins. Mais dès le début, j'ai été happée par cette magnifique histoire d'amour, comme je l'aurais été par un film. Qui a dit que le théâtre était démodé? Les gens devraient y aller aussi souvent qu'au cinéma!

En fait, je ne peux trouver qu'un petit bémol insignifiant: j'ai trouvé que la voix de Bertrand Suarez-Pazos (Suréna) était trop grave pour son personnage d'amant éploré.

Le reste était parfait, les acteurs étaient tous époustouflants (particulièrement Raphaèle Bouchard dans le rôle d'Eurydice, très touchante). Ils récitaient les vers de manière admirable, qui, loin d'alourdir la pièce, lui conféraient un rythme et un caractère mélodieux, sans pour autant gêner la compréhension. Si certains éléments étaient prévisibles (la fin de la pièce était parmi une des issues que j'avais envisagées), cela ne m'a pas empêchée d'adhérer complètement à l'intrigue, et même de me sentir proche des personnages, à certains moments.  

Les décors étaient très sobres: une grande table, avec différentes nappes, des plateaux avec des verres ou des bouteilles (j’espère que ce n’était pas de l’alcool, sinon les acteurs devaient être dans état d’ébriété avancée à la fin de la représentation), et surtout un bouquet de fleurs blanches (de mariée ?), et participaient à rendre l'ambiance tragique. La lumière, la plupart du temps assez sombre, nous plongeait aussi dans cette atmosphère tendue. La musique y était parfaitement adaptée, dès le départ mélancolique, annonçant la couleur de la pièce.
La mise en scène, le jeu des acteurs, mais aussi leurs costumes, résolument simples et modernes, rendaient la tragédie très actuelle. En fait, ce thème aurait tout à fait pu être choisi par un auteur de chick lit, si je puis me permettre ce rapprochement osé. Tout cela m’a énormément émue.
 

Cette magnifique représentation a donc été pour moi un petit coup de coeur...

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