Rhinocéros, Eugène Ionesco

Publié le par Guenièvre

Rhinoceros.jpg"Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat." Tout langage stéréotypé devient aberrant. C'est ce que Ionesco démontre dans Rhinocéros, pièce qui a tout d'abord vu le jour sous la forme d'une nouvelle. Partisan d'un théâtre total, il porte l'absurde à son paroxysme en l'incarnant matériellement.
Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu'en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes. La sclérose intellectuelle, l'incommunicabilité et la perversion du langage engendrent des situations tellement tragiques qu'elles en deviennent comiques, tellement grotesques qu'elles ne peuvent être que dramatiques.

 

Mon avis: Cette pièce est la première du mouvement absurde que je lis. J'ai déjà lu Giraudoux, et j'ai beaucoup aimé... J'ai vu au théâtre Victor ou les enfants au pouvoir, pièce de Roger Vitrac écrite en 1928 (voir mon article: Victor ou Les enfants au pouvoir )... Mais j'avoue que dès les premières pages, j'ai été surprise...

C'était beaucoup plus absurde que ce à quoi je m'attendais. Des répliques qui se répètent, s'entremêlent... Un début qui tourne en rond, où les éléments se répètent alors que les personnages ont déjà été introduits. Vraiment très spécial.

Cette première impression ne s'est malheureusement pas atténuée. Pendant toute ma lecture, je suis restée insatisfaite par l'action et les personnages. Je n'arrivais pas à percevoir leur caractère, à comprendre où l'on voulait en venir...

J'ai donc été déçue par cette lecture. Toutefois, je reste convaincue que le résultat sur scène doit être époustouflant. J'espère avoir un jour l'occasion de me réconcilier avec la pièce.

Publié dans Classiques

Commenter cet article