L'Inespérée - Oksa Pollock tome 1, Anne Plichota & Cendrine Wolf

Publié le par Guenièvre

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oksa-pollock-1.jpg                Synopsis : Oksa Pollock, 13 ans, pensait être comme tout le monde, mais ce soir tout a changé… Un peu angoissée par la rentrée dans son nouveau collège, Oksa déclenche tout à coup des phénomènes étranges dans sa chambre. Un coin de son bureau prend feu, ses cartons de déménagement pas encore défaits explosent… Elle qui a toujours rêvé d’être une ninja, voilà qu’elle se découvre des dons surnaturels ! Perdue et terrifiée, elle se garde bien d’en parler. Mais ce n’est pas fini. Le même soir apparaît sur son ventre une mystérieuse empreinte. Mise dans la confidence, sa grand-mère, l’excentrique Dragomira, lui avoue le secret de ses origines : la famille Pollock vient d’Édéfia, un monde invisible caché quelque part sur Terre. Oksa est leur Inespérée, leur seul espoir d’y retourner. Oksa ne sera plus jamais la même. Et malgré l’aide de son meilleur ami Gus, il va lui être bien difficile de concilier sa vie de collégienne ordinaire avec l’accomplissement de son stupéfiant destin.

 


                Mon avis : J’avais noté ce livre un peu après sa sortie. Sa couverture m’avait tapé dans l’œil, et sa quatrième de couverture m’avait donné très envie de le lire. L’ennui, c’est que mon porte-monnaie n’était pas du tout d’accord, et j’ai dû attendre de le retrouver dans une bibliothèque.


Voilà qui est maintenant chose faite, et je me suis plongée dans ce bon pavé (presque 500 pages, tout de même) avec curiosité. Je m’attendais à trouver quelque chose un peu dans le genre de Tara Duncan, avec l’avantage pour cette saga de compter six ou sept tomes en moins (pour l’instant, je ne sais rien des projets des deux auteurs). Alors, verdict…


Plusieurs détails m’ont un peu rebutée, depuis l’onomastique (c’est-à-dire la science des noms. Les noms propres des personnages m’ont beaucoup étonnée : on ne trouve aucun lien entre eux, rien qui puisse les rapprocher de leur origine…) jusqu’à la mention, à une ou deux reprises, d’ex-monastères (le collège d’Oksa et la maison de son grand-oncle, il me semble). Sauf erreur de ma part, tous ont été dissolus sous Henri VIII après le Schisme d’avec la papauté. Hé oui, ce sont de petits détails, mais qui à mes yeux révèlent un manque de profondeur.


Maintenant, il me paraît bien évident que ce genre de détails ne choquerait pas le publique visé (mais est-ce bien une raison pour rabaisser les critères ? Surtout que les noms, cela peut gêner tout le monde !). Je regrette donc fortement de ne pas avoir découvert ce livre il y a quelques années, je suis sûre que je serai passée outre ces petites dissonances.


L’écriture est fluide, très abordable et orale, tout à fait adapté à des jeunes d’une douzaine d’année, voire moins. Les péripéties se succèdent à rythme soutenu ; on se demande ce qui va se passer, quelle va être la prochaine découverte, le prochain danger… Les pages défilent donc assez rapidement. Il y a néanmoins quelques longueurs, notamment lors des discussions familiales et autres découvertes. L’humour, bien qu’il m’ait fait sourire à de nombreuses reprises, m’a souvent paru un peu lourd, notamment avec la façon de parler des foldingots.


Les personnages… Je comprends tout à fait qu’on puisse les trouver sympathiques, voire s’y retrouver, mais pour ma part, j’ai trouvé Oksa et Gus un peu mous… Je m’explique : l’héroine peut apparaître comme la plus dynamique des personnes possibles ; mais en fait, j’ai trouvé agaçant son caractère même ; cette manière de poser des questions, de foncer tête baissée (non pas une ou deux fois, mais dès qu’elle en a la possibilité) sans même prendre le temps de réfléchir pour trouver d’autres solutions par elle-même (c’est basiquement à ça que sert le cerveau humain, quand même). Le pire, c’est qu’elle est consciente de ces défauts, mais qu’elle ne cherche pas à s’améliorer. Gus est le type même du copain mou. Je ne mets pas en doute ses qualités évidentes, mais ce genre de personnes incapables de la moindre décision ou action rapide m’est insupportable. Les adultes m’ont pour la plupart paru très suffisants, appelant les ados « mes chers enfants » à tout bout de champs. Seule Marie Pollock trouve un peu de grâce à mes yeux.


Je ne peux nier que le monde créé a l’air extrêmement intéressant ; je trouve que c’est l’atout principal du livre, avec la succession rapide de péripéties. Édéfia a l’air très intéressante, même si dès le départ j’avais du mal avec ce monde utopique (cela me paraissait trop beau pour être vrai, et comme on n’avait pas énormément de détails sur son mode de fonctionnement…). Les créatures sont toutes plus originales les unes que les autres. Un petit point cependant, mais qui m’a hérissée tout le long de ma lecture : elles parlent… Ce qui implique une intelligence, limitée ou presque humaine, selon les cas, mais toujours une capacité de raisonnement suffisante pour ordonner et exprimer des idées abstraites… Dans ce cas, pourquoi ces créatures n’ont-elles pas un rang équivalent à celui des humains ? Pourquoi se cantonnent-elles à les servir sans rien demander en retour ? Cela heurte mes convictions morales. Autant aller jusqu’au bout du raisonnement et faire de ces « animaux » et ces « plantes » des acteurs, un peu comme on pourrait le faire dans le cas de la science-fiction.


En bref, je suis un peu déçue par le manque de profondeur de ce livre, d’une manière générale. J’ai bien conscience qu’il ne s’agit que d’un livre jeunesse, mais il est dommage d’attendre moins de qualité ou de réflexion du fait de cette classification. Ceci dit, je suis sûre qu’avec quelques années en moins, j’aurai probablement beaucoup aimé… Mais une chose est sûre, ce n’aurait pas été un coup de cœur quoi qu’il en soit.

Publié dans Fantasy

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