L'école des femmes

Publié le par Guenièvre

Ecole des femmesReprésentation théâtrale de la pièce de Molière, mise en scène de Jacques Lassalle à la Comédie Française, avec :

    Thierry Hancisse : Arnolphe

    Andrzej Seweryn : Oronte

    Christian Blanc : Enrique et le Notaire

    Céline Samie : Georgette

    Pierre Louis-Calixte : Alain

    Gilles David : Chrysale

    Jérémy Lopez : Horace

    Adeline d'Hermy : Agnès

 

Équipe artistique :

Assistant à la mise en scène : Julien Bal

Scénographie : Géraldine Allier

Costumes : Renato Bianchi

Lumières : Franck Thévenon

Réalisation sonore : Daniel Girard et Jean-Luc Ristord

 

Du 25 septembre 2012 au 28 octobre 2012

Durée du spectacle : 3h05 avec entracte

Salle Richelieu - Théâtre éphémère

 

      Synopsis : Comment mieux se préserver de l’infidélité féminine qu’en épousant sa pupille Agnès, tenue recluse, et qu’une éducation au couvent a tout fait pour « rendre idiote » ? Arnolphe, se faisant parfois pompeusement appeler Monsieur de La Souche, accélère son projet de mariage lorsqu’il découvre que le fils de son ami Oronte, le jeune Horace, a conquis le coeur de la belle. Cet amer constat est une révélation : il aime jalousement la jeune fille. La conquête d’Arnolphe devient un combat, celui d’un amoureux impuissant et ridiculisé, cherchant désespérément à contrarier par la ruse et la force les velléités des jeunes amants, finalement unis par un heureux coup de théâtre.


 

       Mon avis : Lorsque j’ai assisté à cette représentation, je n’avais lu que des courts extraits de la pièce de Molière ; je n’en connaissais qu’un résumé imprécis.


Et j’ai été un peu déçue. Le début se fait un peu âprement, à la manière du dramaturge célèbre, on est plongé directement in medias res, au cœur d’une discussion entre deux amis (en vers, comme de bien entendu). Les lumières du théâtre éphémère ne sont pas encore éteintes, juste tamisées, et quelques chuchotements se font encore entendre du mauvais côté de la rampe. Il faut donc tendre l’oreille pour entendre convenablement les répliques, et à la fin de cette scène d’exposition, on a le sentiment d’avoir compris en gros les tenants et les aboutissants du début de la pièce, sans avoir réussi à saisir tout ce que disaient les deux personnages.


La pièce se poursuit, on rencontre les serviteurs d’Arnolphe, alias Monsieur De La Souche, qui sont à mon sens les personnages les plus drôles de la pièce, comme le pensait certainement le parterre au XVIIème siècle… On sourit devant les comiques très lourds de ces deux simplets, moins innocents qu’Agnès.


Toutefois, la première partie de cette pièce, un peu statique et sans énormément d’action manque de rythme ; on n’est pas entraîné dans l’action, on trouve certains passages terriblement longs (comme par exemple la lecture du livre de morale). Le temps passe lentement, lentement, on voit chaque évènement venir très longtemps à l’avance, Arnolphe lutte contre quelque chose qui paraît inévitable, alors qu’il semble posséder tous les éléments pour empêcher tout cela de se passer. Et je dois avouer que j’ai dû beaucoup lutter pour empêcher mes paupières de se fermer…


Puis l’entracte, bienvenue pour l’occasion qu’elle apporte de se réveiller grâce à l’air froid du dehors… La deuxième partie du spectacle a eu mon attention complète, je n’ai pas eu à lutter contre le sommeil. Difficile de dire pourquoi, mais je suppose que les actions s’enchaînaient plus rapidement. L’atmosphère qui m’avait déjà frappée dans Le Misanthrope est mise en avant par les lumières bleuâtres, froides : la comédie tourne à l’aigre-doux ; si l’échec d’Arnolphe et sa façon de se débattre peuvent certainement paraître très drôles, il n’en reste pas moins que voir ce personnage perdre pied, tout comme Alceste, provoque pitié et compassion. Cette dernière partie m’a ainsi beaucoup touchée, je l’ai énormément appréciée car toute l’intensité des émotions des personnages était rendue, particulièrement pour Agnès et son protecteur.


Je voudrais aussi souligner la plus grande réussite du spectacle : les décors… ou devrais-je dire les lumières ? Les deux se mêlent complètement tout au long du spectacle, ce qui permet de changer de décor en un clin d’œil. Une toile fine, éclairée de manière adéquate, figure la rue, tandis qu’à l’arrière-plan se trouve la maison d’Agnès, réalisée en dur, cette fois-ci. Les deux décors peuvent ainsi se superposer, et si cela limite les déplacements des personnages, cela leur permet aussi passer d’un lieu à l’autre plus rapidement. C’est un vrai tour de force et une idée très originale.


Enfin, un dernier mot sur les bruitages et la musique : la coordination avec le jeu des acteurs était véritablement époustouflante, et ils apportaient des éléments indispensables à la pièce ; il y en avait juste la bonne quantité. Signalons encore les costumes, classiques, simples, parfaitement adaptés aux personnages et à la mise en scène.


ecole des femmes

En résumé, si j’ai craint de m’ennuyer après ma première impression, la pièce prend finalement un tournant après l’entracte et devient très agréable. Je suis donc sortie du théâtre avec une impression favorable au final, d'autant que le talent des acteurs était évident et admirable. Cependant elle ne restera pas pour moi un spectacle mémorable, hormis pour ce qui est des décors.

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