Amphitryon 38, Giraudoux

Publié le par Guenièvre

      Synopsis: Jupiter, dit la légende, pour séduire les mortelles, se métamorphosait en pluie d'or, en cygne, en taureau.
Pour Alcmène, il devint son mari, Amphitryon, et Mercure prit l'apparence de Sosie, son serviteur. Plaute en fit une comédie dont beaucoup s'inspirèrent, comme Molière. Giraudoux imagina en s'amusant une nouvelle version du mythe, la trente-huitième ! La fidèle Alcmène résiste à Jupiter et refuse l'immortalité. Pourquoi ? au nom des "féeries de la vie humaine" : l'amour conjugal, la fraîcheur sensuelle, l'amitié.
Giraudoux n'a cessé de chanter cette vie "dont la grandeur est d'être pleine entre deux abîmes".

 

     Mon avis: Pour commencer, il vaut mieux vous prévenir: je perds toute raison lorsque je parle de Giraudoux, car j'admire énormément cet auteur! Après avoir lu les version de Plaute et Molière, voici celle de mon dramaturge favori...

Lire quelques lignes à peine a suffi à me convaicre que cette version serait celle que je préférerait. Les implications derrières les paroles des personnages m'ont passionnée dès les premières syllabes! Ce qu'il faut, avec un livre comme celui-ci, c'est prendre son temps, pour y réfléchir et savourer. (Chose particulièrement difficile pour moi, je préfère enchaîner mes lectures rapidement).

Chaque phrase me donnait envie de la noter pour l'apprendre: le moindre mot était poétique (j'ai dû me restreindre un peu). Toutes les idées et les sentiments étaient beaucoup plus développés, à la manière habituelle de Giraudoux, que dans les deux autres versions de la pièce que j'ai lu. C'était tout simplement passionnant. Et puis, on pouvait aussi retrouver les habituelles critiques de la société sous-jacentes...

L'auteur a aussi apporté des changements à l'histoire même de la pièce: fini le comique bouffon entre Sosie et Mercure, et une surprise: Alcmène obtient enfin son mot à dire! La relation qu'elle a avec Amphitryon m'a beaucoup touchée.

J'ai comme toujours complètement adhéré à l'humour de Giraudoux, un peu grinçant, mais d'une grande finesse. Il reflète quelque chose que j'ai retrouvé dans les autres pièces de Giraudoux que j'ai lues: une vision assez noire des évènements. Mais d'un autre côté, malgré tout ce qui est dit, il me semble que je perçois toujours, sous cet apparent renoncement, un fond d'espoir, d'optimisme, peu importe le désespoir des personnages.  

Un autre avantage pour cet auteur: je trouve que son théâtre est très "lisible", c'est-à-dire que même s'il est écris pour être joué, on n'a aucun mal à le lire à la manière d'un roman: les personnages sont tellement développés, il y a tellement d'implications derrière leurs paroles qu'on ne s'ennuie pas un seul instant.

Pour toutes ces raisons, je concluerai que cette pièce de théâtre est un coup de coeur pour moi... Si on pouvait dire ça d'un livre dont on savait par avance que l'on serait conquis... Je me contente donc de le recommander chaudement: il vaut vraiment le coup d'être lu!

Coup de coeur

Publié dans Classiques

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