Amphitryon

Publié le par Guenièvre

http://www.comedie-francaise.fr/images/spect/gp1112_amphitryon.jpg       Représentation théâtrale

 

Amphitryon de Molière, mis en scène par Jacques Vincey, du 2 mai au 24 juin 2012, à la Comédie française (théâtre du Vieux Colombier).

 

       Synopsis: Lorsque Jupiter jette son dévolu sur Alcmène, jeune mortelle mariée à Amphitryon, il ne peut parvenir à ses fins que sous les traits de son mari parti en campagne. Sosie, valet d’Amphitryon, vient rassurer la jeune épouse et annoncer le prompt retour de son maître. Seul dans la nuit, apeuré, il répète son ambassade, jouant tous les rôles à la fois, mais il se heurte à Mercure qui lui a emprunté son apparence et garde la porte du logis où Jupiter et sa bien-aimée s’ébattent. Les confrontations successives et croisées des personnages et de leurs imposteurs jettent un trouble croissant parmi les mortels. Dans cette comédie baroque, Molière révèle sa conception du théâtre comme carrefour de la réalité et du virtuel, qui prend ici la forme de dieux omnipotents, maîtres des apparences qu’ils créent aux dépens des humains. 

 

        Mon avis: Après avoir lu ni plus ni moins de quatre versions différentes de la pièce "Amphitryon", je l'ai enfin vue en http://www.sceneweb.fr/wp-content/uploads/2012/05/Sylvia-Berg%C3%A9-Amphitryon-@-Cosimo-Mirco-Magliocca.jpgreprésentation... Et j'en ai été très satisfaite. La version de Molière était pourtant loin d'être ma préférée.

Dès le début, on est plongé dans une atmosphère atypique: un écran de fumée masque le décor, et une femme dans un costume pour le moins... exotique tourne sur la scène, montée sur un engin à deux roues et un guidon, rapide mais silencieux. Un choeur de quatre hommes, habillés en noir très neutre, et des instruments (non visibles sur scène) accompagnent cette évolution dans l'espace (les chanteurs avaient d'ailleurs de très bonnes voix). Un autre personnage pend du ciel au moyen de deux élastiques, et cette position bizarre surprend moins que son costume. Connaissant déjà la pièce, je savais qu'il s'agissait de la Nuit ayant une conversation avec Mercure. 

J'ai trouvé une inventivité merveilleuse tout au long de la représentation dans cette mise en scène, tant sur le plan des costumes, très bien pensés (fantaisistes pour les dieux, normaux pour les humains) que sur le plan des décors et autres accessoires. L'idée d'avoir un simple arrière plan dont certains pans se déboiteraient pour former la maison était excellente: cela conférait une simplicité à la scène, tout en représentant bien l'environnement, et de manière fonctionnelle.

Pour dire un mot des acteurs... Tous m'ont complètement ravie: Sosie (Christian Hecq), et Mercure (Laurent Stocker), Amphitryon (Jérôme Pouly) et Jupiter (Michel Vuillermoz)... Leur jeu des doubles était tout simplement génial. J'ai particulièrement admiré Christian Hecq, dont les onomatopées, les expressions, et le ton de la voix rendaient admirablement son personnage, mais d'une manière que je n'avais jamais envisagée.

La seule chose qui m'ait déçue, en bref, est la diction de Georgia Scalliet (Alcmène). Elle récitait de façon entrecoupée, gémissante, voire geignarde qui ne correspondait pas du tout à son personnage, au point d'en devenir agaçante. Les vers disloqués ne faisaient plus sens, on perdait le fil de la réplique, ou même de la conversation... Cela m'a particulièrement déçue car Alcmène était un des personnages dont j'espérais le plus. Le seul (mais important) bémol pour cette  représentation par ailleurs excellente.

Elle a aussi confirmé mon avis sur la lecture de pièces de théâtre: à moins de voir l'oeuvre représentée par la suite, c'est un exercice fastidieux, dont on tire peu de bénéfices. Alors que lire les vers de Molière m'avait à peine fait sourire à une ou deux reprises, j'ai ris franchement plusieurs fois lors de la représentation (surtout lors des scènes entre valets).

J'ai donc bien aimé cette pièce, pleine d'invention et qui m'a apporté une vision nouvelle sur cette oeuvre de Molière.

Commenter cet article